BILAN FILMS #3

J’ai revu avec grand plaisir Le monde de Nemo. A l’époque de mon premier visionnage, je m’étais pas rendue compte à quel point c’était triste. Avant garde aussi quelque part. Un hypocondriaque de papa élevant seul son fils après le décès de son épouse. Illustrant avec finesse les rapports familiaux souvent périlleux entre père et fils. Et, je ne sais pas la voix de Frank Dubosc rend tout ça plus mieux encore.

Éternité , un film qui n’a jamais autant bien porté son nom. La BA étant bien calculée et orientée pour duper le pauvre consommateur que nous sommes. A aucun moment, celle-ci laisse présager que durant des heures interminables, la narratrice ne prononcera pour tout et pour tout dix phrases. Ce n’est pas un film mais une œuvre d’art, un tableau bien trop prolixe et répétitif. Les hommes meurent et les femmes donnent la vie. Voilà en gros, le synopsis. Sans compter une musique ou un piano à l’agonie. Jamais je n’aurai cru dire ça mais j’en veux à ce piano.

Médecin de campagne, un film français sympathique à regarder. Un François Cluzet tout en modestie tout comme la campagne dont il est au service. Sans excès sans grand rebondissement s’arrêtant sans grande éloquence. Mais, pas mal dans l’ensemble. Dalton Trumbo, inconnu au bataillon. Le film m’a donné envie d’en savoir plus sur ce scénariste maintes fois primé en son nom propre après coup. J’aimerai pouvoir trouver une biographie à son sujet pour en savoir plus sur l’homme dans ce contexte de chasse aux sorcières. Le rôle est taillé pour Bryan Cranston mais le film dans sa réalisation a manqué d’un je ne sais quoi.

Warcraft, vous me dites jeux vidéos. Connais pas le film mais le film oui. Pas mauvais quoique inabouti. Pas une vraie fin sans doute une suite est-elle à prévoir. Problème de rythme aussi. Ensuite, j’ai trouvé que tout ce qui avait trait à l’autre monde ressemblait visuellement à un jeu vidéo. Et, je vous donne dans le mille, ça m’a dérangé. J’ai pas non plus compris la tactique du gardien quand il s’agissait de mettre à l’abri les siens. Reste, Travis Flimmel l’éternel Ragnar dont le brun et l’humour vont à ravir. Paula Patton pas en reste. Et Dominic Cooper et je sais je me répète, n’a pas d’âge il semblerait.

*  *  *

Enfin, un film qui a le mérite d’aborder une invasion extraterrestre sous un angle plus intellectuel. Linguistique voir anthropologique. Ce n’est donc plus des simples aliens mais des étrangers venus d’une contrée lointaine. Des inconnus possédant leur propre culture, langage ; et donc, leur propre histoire. En somme, une civilisation toute entière. Vivante et à portée, des Hommes.

La rencontre entre deux espèces est toujours fascinante d’autant que la communication reste au cœur des échanges. Ce besoin de connaître l’autre, de le découvrir ; ses intentions aussi. De partager, d’échanger ses connaissances. Mais aussi, cette méfiance de notre société occidentale. Paranoïa exacerbée aux États-Unis pour des raisons maintes fois évoquées. Cette peur, cette méfiance de l’autre, de celui qui ne nous ressemble pas. Ce besoin aussi d’asseoir sa prétendue supériorité sur l’autre peuple, de dominer. De faire la guerre toujours et encore. On agit puis on réfléchit en somme.

C’est ce qui tranche d’ailleurs avec le personnage incarné par la délicate Amy Adams. Parce qu’elle est une scientifique passionnée par son métier. Mais à bien des égards, c’est son humanité qui passe avant sa curiosité intellectuelle. Une connexion bien réelle entre elle et les visiteurs se forme alors. Une choix se faisant en toute conscience, en toute raison.

Que ce soit aussi bien dans le fond que dans la forme, Premier contact a tout bon sauf à trente minutes de la fin. Encore un film qui ne sait pas s’arrêter quand il le faut, qui en dit trop. Qui nous repasse des images histoire de s’assurer qu’on avait bien compris toute l’intrigue. Ça en devient sentimentaliste aussi à force de sortir les violons là où finalement jouer sur la subtilité aurait été de mise. Dommage !

Je m’attendais à un autre Into the wild. Erreur sur la personne. Avec le recul, je doute que Wild réussisse parfaitement à retranscrire à l’écran ce que Cheryl Strayed a vécu. Problème de format, problème de réalisateur peut-être.

J’ai eu souvent l’impression pendant le visionnage d’être tenu à l’écart, à distance. Que ce n’était pas mon périple pas mon voyage initiatique mais celui de Cheryl. Et, qu’elle tenait à le faire coûte que coûte. D’aller au bout avec ou sans notre bénédiction. Sans aide sans spectateur à ses côtés.

La caméra est là mais presque de façon superficielle. Elle n’interroge pas, elle aussi une spectatrice. Le partage se faisant là encore en sens unique. J’ai trouvé le film souvent long. Et, il s’arrête au moment où les enjeux deviennent intéressants. Où le plus difficile commence finalement.

J’ai beaucoup de mal avec les voix off. Ça coupe le récit, son rythme ; et, le fragilise. On ne juge jamais mais on ne va jamais au fond des choses non plus. L’empathie, la générosité sont d’autant traités de manière superficielle tout comme l’émotion. Comme si celle qui racontait n’était pas la même qui roulait sa bosse péniblement à l’écran. Un décalage donc.

Ce qui d’une certaine façon n’est pas con puisque l’une représente l’avenir l’autre le présent. Mais, ça peut parfois déranger. Cheryl est une personne en devenir tout le long du film. Et comme on aime se le dire : l’important n’est pas l’arrivée mais la traversée. Peut-être que Wild fait exception à la règle pour changer.

 

Je fais jamais ça d’ordinaire : regarder la fin des romans vedettes dans un magasin. Mais, persuadée d’une énième exagération de la part des critiques, il fallait bien que je vérifie. Et, j’ai pas été plus emballée que ça je dois avouer.

A l’heure actuelle, je l’ai toujours pas lu. Le film c’était une autre histoire grâce notamment à une BA efficace et une Emily Blunt  » méconnaissable « .  Autant vous prévenir néanmoins, la VF est horrible ; vraiment pas de chance pour Justin Theroux. Le film est un peu répétitif à mon goût ; des scènes inutiles tandis que d’autres auraient mérité d’être approfondi.

Ceci étant, dans l’ensemble c’est plutôt réussi. Un bon dosage de suspens et de psychologie avec un casting quatre étoiles. Une narration ambitieuse qui a le mérite de raconter l’histoire toute l’histoire. Vue et racontée à travers les œillères de trois femmes.

Trois femmes qui se construites tant bien que mal. Au fil des épreuves et de la vie. Chacun en proie aux tourments de l’existence. Prises au piège dans une banlieue chic ou à sa périphérie. Les faux semblants, les apparences. Et c’est presque, l’histoire de Gone Girl qui recommence ou pas.

Le couple, le mariage, la maladie du siècle ? La femme se libérera t-elle un jour ? De ses chimères du prince charmant, de l’autorité et de la dominance masculine. Et, l’homme trouvera t-il un jour le juste milieu ? Si seulement, nous pouvions être sur le même pied d’égalité. Et non pas ravivés sans cesse par les blessures du passé exacerbées par le mythe du rêve américain qui ne voit pas plus loin que les belles façades clôturées et vernies des maisons de rêve.

Split : diviser, fendre, couper en deuxFissure. Voilà qui donne le ton. En plus, d’une scène d’ouverture impeccable. Deux histoires entrecoupées par un générique stylisé qui n’est pas sans rappeler celui du Parrain.  Du moins, les caractères qui s’allongent.

Bizarrement, on a cette impression que visuellement le film s’inscrit dans quelque chose de rétro alors que le récit lui est plutôt contemporain. Dès le début, ce qui frappe c’est l’ambiance anxiogène. Des espaces clos et restreints. La caméra semble écraser l’individu l’accabler même en pleine nature. Le champs de vue se rétrécit ; et parfois même, elle parle pour l’individu.

Ce qui m’a fait penser au procès de Kafka d’Orson Welles. La tension est maintenue tout au long. C’est pesant et ambigu. N’y aurait-il pas une complice ? Ou n’est-ce que des malentendus ? Kelsey par exemple qui se laisse faire déjà rompue avant l’exercice. Et, James McAvoy dont la VF ne rend pas du tout justice. A sa prestation de dingue.

Un face à face voir un trio qui est bluffant par moment. Et, central. C’est fascinant le psyché humain. La résilience, le refoulement et les mécanismes de défense. Mais dommage, tout ce que Shyamalan a réussi à mettre en place avec brio dans la première partie du film se perd dans une dimension fantastique. Enlevant ainsi tout charme voir résonance au niveau de la dimension psychologique entreprise au début.

Pour moi, c’était tout l’intérêt. J’aurai préféré et espéré cent fois un twist final dont il a le secret. A la place, le film ne sait pas quand se taire nous offrant le caméo le moins subtil de l’histoire. Ni le bienvenu !

 

Un film que je pensais plus science-fiction de par sa bande annonce. Certes, le duo JL/CP laissait entrevoir une bonne comédie romantique intergalactique. Mais, l’œuvre a du mal à se définir. Elle se cherche quand même pas mal.

Mixtant les moments graves, comiques puis romantiques. Des micro moments qui nous font passer d’une émotion à une autre. Et où souvent, on a le sentiment que l’espace n’est qu’un décor qu’un prétexte à . Mais, je dois dire que le voyage est plutôt agréable malgré les ellipses temporelles qui ont soin de ne rien expliquer. Et, ce discours plutôt mièvre à la fin. Trop longuet aussi sans doute ne sachant jamais vraiment quand bien s’arrêter.

Côté casting, CP m’a surprise. Sans doute parce que j’avais encore en tête cet ado sportif dans Everwood. Et, les quelques fugaces scènes d’employé débile dans The Office que j’avais pu apercevoir. Ici, l’évolution de son personnage est intéressante tout comme le jeu. L’identité qui se forge tout au long. Un homme qui remplace une obsession par une autre.

J’ai rien contre Jennifer Lawrence mais elle peine à se renouveler dans ses interprétations. Est-ce parce qu’on la voit partout ? Je la trouve parfois très mono expressive. Et puis, il y a cette fâcheuse tendance – pas sa faute hein je sais – de l’habiller toujours avec des vêtements collants. Parce que c’est une femme belle de surcroit. Et, on en revient à ce problème de femme objet, de faire valoir. Alors que je reste persuadée qu’elle est capable de bien plus que ça.

Je l’avais déjà dit mais la question de l’âge me dérange aussi. Je trouve qu’il y a souvent un décalage entre les vécus de ses personnages et ce qu’elle donne à l’écran. Pas toujours crédible. Trop jeune ou/et formatée déjà par Hollywood ?

Passengers est une romcon dans les étoiles en somme avec un bonus prénommé Arthur. Et, une apparition gâchée dans un duo-trio qui se suffisait déjà amplement.

 

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