BILAN LIVRESQUE #6

Je lis plus que je chronique c’est un fait. Et, je n’essaie même plus de corriger le tir. Enfin, pas vraiment. Toutefois, c’est rare qu’un livre – contrairement aux films – passe à la trappe ici. C’est l’exception qui confirme la règle aujourd’hui pourtant.

Quelques mots tout au plus pour ce qui devait composer le bilan lecture #6 initial. Le vrai, j’entends. D’un côté, il y avait un homme qui a délaissé le milieu de la finance pour devenir chauffeur de taxi et écrivain. C’est pas des histoires c’est pas un roman. C’est Stewart Foster, l’auteur d’Une carte postale pour la lune. Un premier roman d’une beauté absolue quoique pas toujours accessible et tirant en longueur aussi parfois. C’est fort, poétique, triste et drôle à la fois. A découvrir d’urgence !

Rien à voir mais j’ai pu mettre enfin la main sur Du miel pour les abeilles de Cathy Kelly. Un roman choral dont le souci principal est que certains personnages sont plus intéressants que d’autres. Et qu’en cours de route, ça s’inverse. J’ai préféré la traversée que le terminus ; et encore plus, le moment où je ne l’avais pas encore lu. Dans l’ensemble, je suis restée sur ma faim. En voilà un titre à rallonge : ne dites pas à ma mère que je suis voyante car elle me croit libraire à Vancouver. Une lecture très plaisante, rafraichissante malgré un final couru d’avance. On rit, on s’attache.

Et enfin, le petit dernier : Le chat et les pigeons de Agatha Christie. Pas son meilleur. Pourtant, ça avait superbement commencé. Campagne anglaise, école privée pour fille et meurtres presque en série. Pour une fois, on devine qui tient les fils même s’il y a quelques surprises.

Allez maintenant, place à la sélection du jour. Juste avant, j’ai une question pour vous. Ça vous est déjà arrivé d’aller à la médiathèque avec une liste de livres prédéfinis à l’avance. De les trouver en rayon, de les mettre dans votre sac  et d’avoir la merveilleuse idée de voir un autre rayon juste comme ça. Et de faire face à un dilemme livresque de taille. Pour au final, tout redéposer et se jeter sur ce qui n’était pas prévu ? Dites-moi que oui.

*  *  *

Il est assez rare que je lises un roman pour ado dont le narrateur est un garçon. Pour mémoire, je n’en ai lu que trois : Le monde de Charlie, Le théorème des Katherine et Les faces cachées de Margo. Pas que je les déteste bien au contraire mais ils ne sont pas légions. Or, je crois qu’ils ont beaucoup à nous dire ces garçons. Francis plus que quiconque d’ailleurs !

Quinze ans est un âge important. Et ce, pour de multiples raisons. Un cap à passer aussi certainement. D’autant plus si on est comme lui  » passionné de vieux films, de musique rock et de lectures romantiques « . Et, qu’on fond en larmes devant Titanic. Pas de souci, Francis. Moi aussi ! Mais, j’imagine que c’est plus difficile pour lui. Parce que quand on est un garçon on est censé rouler des mécaniques. Pas être sensible comme un fille.

C’est touchant de voir que l’inverse existe aussi. Découvrir une fille forte. Une de celles qui n’a pas peur. Tandis que Francis se languit de sa belle dans une ribambelle de mouchoirs, de friandises et de sms. Et puis, il y a la maladie. Cancer, leucémie.

Pas une fois l’auteur n’évoque le terrible mot : chimiothérapie. C’était surprenant dans le bon sens. Parce que dans le choix avisé de ses mots, Francis et Ambre ont pu resté des ados à nos yeux. Ils n’ont pas arrêté d’en être et par la même occasion, le lecteur non plus. Gardant un peu plus longtemps nos illusions d’enfants. Le héros notamment. Francis croit obstinément. Aveuglément. Cette innocence, cette insouciance font plaisir à lire d’autant qu’Ambre elle le devance de par sa maturité et son cynisme ambiant. Un trop plein d’émotions contraires qui s’équilibre à merveille aux côtés du doux et naïf Francis.

Le reste de la distribution s’en sort à merveille aussi. Que ce soit le grand frère de Chris qui dévalise les placards de la cuisine de sa mère à chaque visite. Ou sa colocataire Fiona à ses côtés dans le crime. Que dire aussi de mamie ( Violet!) s’asseyant sur sa télécommande et l’écrasant puis débarquant à l’improviste en envahissant le domicile familial de sa fille.

Un joyeux bordel pour des êtres qui en ont bavé. Et, qui essayent tant bien que mal de tirer profit de la vie. De ce qu’elle a à offrir. Le bon comme le mauvais.

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Bien sûr, en lisant le titre j’ai pensé à la chanson  » Je te dirai les mots bleus, les mots qu’on dit avec le cœur « . Mais pas n’importe quelle version, celle chantée par Thierry Amiel. Je ne sais pas pourquoi c’est celle-là qui est venu à mon esprit.

J’en ai rencontré des personnages au fil de mes lectures. Des écrivains, un relieur qui donnait vie aux romans mais jamais encore de collectionneurs de mots. C’est maintenant chose faire. Merci, Félicie ! Une fille voyant des mots flotter ou/et tomber autour d’elle. Parfois, des mots heureux parfois des malheureux. Qu’importe, elle les ramasse dans son cahier bleu. Les collectionnant pour elle seule. Félicie en invente même lorsque les circonstances se présentent. petit exemple : étourdiffant !

Elle invente aussi des histoires pour sa petite sœur, Frannie. Le soir avant d’aller dormir. Il n’y a que comme ça sans pression aucune pour Félicie arrive à donner du pouvoir aux mots. A les relier ensemble pour en faire une jolie poésie ou une comptine. Pas à l’oral surtout pas devant ses camarades de classe.

Mais qui sait peut-être bien qu’à Midnight Gulch – là où sa mère est née – tout est possible. N’est-ce pas cette ville qui possède encore un reliquat de magie ? Où le binocle, une bonne fée sévit ? D’emblée, notre héroïne s’y sent chez elle. Cela veut bien dire quelque chose non ?

Un bel hymne à l’enfance et au pouvoir de l’écrit. A mi-chemin entre le conte et le roman pour adolescent, un récit tout en finesse et d’une rare justesse. Le compagnon idéal pour les jours de pluie. Et, de soleil !

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( Source de l’image: Nympadora’s book )

Un « petit » bonheur de lecture. Bijou condensé de fraîcheur, de simplicité et de bonne humeur. C’est touchant, drôle et tellement évocateur aussi parfois. De l’adolescence et de ses tourments. Les première fois ; le besoin de sens, la quête identitaire. La famille quoiqu’il arrive. Des gens qui entrent, vont et viennent dans votre vie. Qui partent aussi pour ne plus jamais revenir.

Le hasard ou plutôt la loi de l’attraction qui met sur votre route un livre, une voyante et un garçon sur le retour. Qui sait ce que l’avenir les réserve. Et qu’importe de toute façon parce tant qu’on est tous ensemble on est les plus forts !

Trois fois rien qui font tout et que je vous laisse découvrir !

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Je vous avouerai que c’est le titre et la couverture pour le moins curieux qui m’ont attiré en premier lieu. Un labyrinthe à la place d’une tête ou une histoire de chaussette. Pas assez cependant pour que je sois tentée. Il faudra une deuxième visite à la médiathèque pour qu’il recroise ma route. Un autre fois pour que je l’attrape et le garde.

En lisant le résumé, j’avais pas du tout ça en tête. Par mégarde en feuilletant le roman, j’ai atterri à la page remerciement et c’est là que j’ai compris. Suspens gâché enfin presque. Pas que l’auteure ne joue cette carte très longtemps sur le pourquoi de ces circonstances. Malgré tout, j’ai eu un peu de mal au début. A cause de répétitions et des digressions du personnage principal, Jersey Hatch. Du mal donc à rentrer dans cette histoire plus vraie que nature. C’est peut-être là d’ailleurs le plus dérangeant, le plus déstabilisant de la chose. C’est parfois pensant comme atmosphère.

Cette famille qui se déchire ou tout du moins la mère. Les voisins, les anciens amis qui rejettent Jersey. Et, on comprend pas pourquoi mais ça viendra. Reste Mama Rush, la seule et unique touche comique de cette histoire. Qui avec le recul me fait penser aux sœurs de Marge, Patty et Salma. Allez savoir pourquoi ! Pas la langue dans leur poche ; et toujours, une cigarette clouée au bec. Mais, elle sait y faire surtout avec notre jeune ami pour lui tirer les vers du nez. La seule disposée à l’aider.

Je suis injuste. Il y a aussi le père du protagoniste. Pris entre deux feux : son mariage et la santé de son fils. L’unique parent de la maison me semble-t-il mais il y a de quoi aussi. Mais, des erreurs il en fera lui aussi. Mais, toujours fidèle, loyal. Même les vieilles amitiés ont la peau dure au final.

Une chaussette dans la tête est un roman délicat, fort et quoiqu’on en dise, dérangeant aussi quelque part. Parce qu’il met à mal nos modes de vies, nos croyances reposant sur de l’acquis, de l’immuable. Notre souci aussi permanent de vouloir être le meilleur partout et de tout le monde. Notre dépendance par rapport au regard de l’autre ; cette toxicité qui nous accable. Dans une société perverse où on condamne aussi vite qu’on vous tend la main pour vous la retirer le lendemain. Poignant !

L’embrouille entre Kiffo et le pitbull ( tome 1)

Je l’ai fini en un après-midi. Jour de pluie oblige. Première fois que je chronique dans la foulée aussi. Signe que j’étais troublée. Dupée par une histoire qui se voulait au départ légère et comique. Ça l’a été les X premières pages. Je reste dans le flou exprès histoire que vous allez pas vérifier. ça pourrait vous dégouter. Vous auriez tord de ne pas continuer.

Mais quand même, je crois que j’ai toujours pas digéré. Une rupture marquante ou bien une césure. Pas mélodique, la fin de quelque chose plutôt. De l’innocence sans doute. Quand sonne le glas. Évidemment, j’avais rien vu venir et c’est d’autant plus dur. Mon cerveau avait du mal à accepter l’information lui aussi. Parce que je me disais aussi que c’était encore un tour de passe-passe de Calma ou mieux encore le fruit de son imagination débordante. Que nenni !

Mais, j’avance là comme toujours. Parlons du début. De l’héroïne pas la drogue hein mais le caractère héroïque de Calma, la narratrice. Elle ne l’a pas mentionné mais moi son prénom me fait penser à calamar. Elle dit des yeux de son meilleur ami Kiffo qu’ils sont  » bruns comme une diarrhée « . Ce qu’elle omet de vous dire c’est qu’elle est atteinte elle de diarrhée verbale. Sa langue parle toujours avant son cerveau. Elle ne manque pas d’humour ni de répartie. Ni de charme malgré ses lunettes gargantuesques et ses deux airbags en guise de poitrine. Ah, et j’allais oublier, sa maman est un réfrigérateur.

Calma n’aime pas les journaux intimes mais ce qu’elle nous livre s’y ressemble à s’y méprendre. Sa vie au lycée, à la maison. Ses amis surtout son amitié incompréhensible avec Kiffo. Ses amours principalement l’anglais et pinailler. Pour le troisième, je vous laisse découvrir. Dans cette vie presque ordinaire d’une ado survoltée, il fallait que ça déménage à un moment donné. Si non, c’est pas marrant.

Après une énième bêtise de Kiffo, Mlle Plait fait son entrée. D’entrée de jeu, elle est détestée. La description m’a fait penser à la maman des frères Fratelli dans les Goonies. Voilà ce qui vous donnera une idée assez juste du phénomène. Du physique et du caractère. Bien sûr, une rébellion s’organise. Je vous laisse deviner sur une classe de 30 élèves qui s’en mêlent.

X et Y ( il faut que je vous ménage un minimum de suspens quand même ) nous entrainent dans leurs aventures toujours plus folles. Votre mission si vous l’acceptez : discréditer la nouvelle prof d’anglais. Et, tous les moyens sont bons. Légaux ou non. Parce que bien des choses les attendent au tournant. La présumée coupable comme les deux agents doubles.

Et, c’est là que vous vous dites :  » Mais tout ça m’a l’air d’être un jeu d’enfants ». Ouais, des gamins. Mais, qui en ont morflé et qui vont continuer. D’où mon entrée en matière. A bien des égards et quoique très tardifs, ce premier tome est cruel, brutal aussi. Marquant d’une empreinte indélébile la fin de l’innocence et ses conséquences. Positives comme négatives.

Calma embrouille et débrouille ( tome 2)

J’ai des périodes de boulimie où je lis sans compter. C’est ce qui arrive généralement avec une sélection d’ouvrages qui m’a particulièrement séduite. Et, je ne sais pas pourquoi ces moments intenses sont souvent suivis de repos forcés. Où j’ai besoin de faire une pause. Oui, il m’arrive de ne pas lire plusieurs jours d’affilée. C’est même un besoin.

C’est donc après une de ses hibernations que j’ai retrouvé mon amie Calma. C’était pile poil ce dont j’avais besoin. Comique, léger sans trop l’être. En plus, Barry Jonsberg n’a pas son pareil pour vous donner envie d’écrire. L’air de rien, Calma pourrait passer pour une animatrice d’atelier d’écriture. Avec son humour mordant et son énergie à revendre, elle ferait mouche assurément. Je suis persuadée aussi que les gens liraient davantage leurs horoscopes si c’était elle qui les écrivait. Je dis bien lire pas apprécier !

J’ai lu ce tome-ci en un rien de temps. Pas trop non plus pour faire durer le plaisir un maximum. Plaisir renouvelé une fois encore même si j’avais un pincement au cœur.  D’autant que Calma faisait de la rétention d’information à ce sujet. Je crois que quelque part je refuse toujours cette idée. J’en veux toujours à l’auteur de nous avoir sorti cette carte-là. Et, il ne semble pas s’arrêter en si bon chemin apparemment.

Mais pour avoir moi-même écrit, il arrive des moments dans la vie de nos personnages où ces derniers prennent leur envol de leur chef. Contre notre gré presque. En cours de route, il gagne en autonomie et vole de ses propres ailes. Avec notre accord ou non. Et, c’est la vie !

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