DE LA SÉRIE AU LIVRE : CARDINAL / CAMPBELL

De : Aubrey Nealon.

Avec : Billy Campbell ( Helix, The 4400 ) , Karine Vanasse ( Revenge, Pan Am ) , Kristen Thomson ( Loin d’elle, What we have ) , James Thomas ( Saving Hope, Cracked ) .

Résumé : Le détective John Cardinal, épaulé contre son gré par sa nouvelle partenaire Lise Delorme, enquête sur le meurtre d’une jeune fille de 13 ans, Katie Pine, dont le corps a été découvert dans une mine abandonnée.

*  *  *

Pour être honnête, je n’étais pas tellement emballée pour la regarder. Pensant que j’avais là une énième série policière. Archi vu et convenu donc. Rien de neuf à l’horizon donc. Pour ne rien gâcher, la mention Flashpoint m’avait quelque peu refroidi.

J’ai quand même fini par la regarder parce qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et, ils sont malins sur Canal+, ils te la diffusent au compte-goutte. Soit deux épisodes chaque mardi soir pour une saison n’en contenant que six. Je vous dis pas le suspens et l’attente redoublant à chaque fois. Clairement, on reste sur notre faim. Mais, c’est pour mieux nous préparer à un final tout en beauté. Grave mais sublimé tout au long par la prestation de Billy Campbell.

Ce n’est pas tant la résolution policière qui séduit le spectateur mais la personnalité de Cardinal. Le policier, le père, le mari et l’homme. Un personnage charismatique et respectueux non exempt de failles mais habité par un profond sens du devoir. Un visage marqué sur lequel pourtant on ne peut y lire. Peu bavard, il tranche aux côtés de sa toute nouvelle coéquipière Lise Delorme.

La Canada lui aussi n’est pas en reste. Me rappelant l’Islande de Trapped. Cette nature sauvage, cette lumière hésitante.  Algonquin Bay, un endroit reculé mais qui pourtant n’a pas réussi à mettre à distance les tentations des grandes villes. Ses mirages comme ses promesses. Les espoirs envolés, la violence qui y fait rage plus que n’importe où. Concentrée et résistante.

A se demander sur qui on peut vraiment compter. Amis, famille ou collègue ? C’est souvent une solitude ensemble. Les uns à côté des autres. Dans son métier ; dans sa vie privée, dans son couple privée. A faire cavalier seul tout le temps. Si notre rapport avec nous-mêmes et notre entourage est faussé, à qui faire confiance ? Et dans quelle mesure, le doit-on ?

19 SUR 20

Une jeune rousse amnésique débarque dans un bar d’Algonquin Bay. Une balle de petit calibre est logée dans son cerveau. C’est l’été dans l’Ontario, la saison des mouches noires. Elles infligent d’affreuses morsures, mais ont leur utilité : un corps – ni tête, ni mains, ni pieds – ayant été découvert près d’une cascade, on pourra, grâce à leurs larves, dater le décès avec précision. Les tatouages du mort, eux, permettent d’identifier Wombat Guthrie, motard et dealer. Aucun lien, à première vue, entre les deux affaires…

Forcément, après avoir dévoré la série, je me voyais pas faire l’impasse sur l’œuvre dont elle tire son origine.  Sauf que Quarante mots pour la neige étant indisponible en médiathèque, je me suis rabattue sur celui-ci. Si je ne dis pas de bêtises, je pense qu’il s’agit du troisième tome. Finalement, je ne fais que prendre un peu d’avance sur le timing. Série comme roman.

Alors, évidemment j’ai retrouvé avec plaisir John. De quoi patienter en attendant la deuxième saison. Pas étonnant que l’adaptation s’est intitulée Cardinal. Le pilier, le personnage principal. Lise arrive juste après d’autant que leur duo a gagné en profondeur depuis. En raillerie mutuelle aussi. Idem pour les autres personnages gravitant autour d’eux. Ce dernier point n’est pas toujours développé dans la série tant Campbell crève l’écran.

Aimer ne veut pas dire « posséder » .

Il y a aussi Catherine, sa femme. Atteinte de troubles bipolaires, sa storyline apporte beaucoup à l’histoire. Des enjeux, un caractère propre ; et une force bien loin des clichés habituels. C’est aussi ce qui a permis à la série de se démarquer des livres de Giles Blunt. De trouver sa propre identité et de révéler encore une fois un Cardinal/Campbell tout en subtilité, tout en grâce.

Ne pas avoir lu le premier tome n’est pas tellement dérangeant. Primo, j’avais encore la série en tête. Secundo, de nombreuses allusions y sont faites d’où ma remarque un peu plus haut. C’est une nouvelle enquête même si le passé a tendance à coller aux basques de Cardinal.

A mon avis, ce n’est pas le meilleur tome de la saga. Aussi, on pourrait croire à tord que le genre n’a plus rien à offrir. Peut-être pas. Mais, Cardinal si. Dans un Canada reculé où les rêves déchus, la drogue et la misère humaine règnent en maître.

16 SUR 20

 

A voir, à lire !

Et, dans cet ordre-là, je pense !

 

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