TABOO

De : Steven Knight, Edward  » Chips » Hardy ( le père de Tom Hardy )

Avec : Tom Hardy ( Dunkerque, Locke ), Oana Chaplin ( Trône de fer, Chemins croisés), Jonathan Pryce ( Trône de fer, Brazil ), David Hayman ( Le garçon au pyjama rayé, Sid § Nancy ), Leo Bill ( Mr Turner, The Borgias ).

Synopsis : Considéré comme mort depuis des années, James Keziah Delaney refait surface à Londres en 1814, après 10 ans passés en Afrique. De retour en possession de diamants acquis illégalement et bien décidé à venger la mort de son père, il va refuser de vendre ce qu’il reste de l’héritage familial à la Compagnie britannique des Indes orientales et se mettre en tête de bâtir son propre empire de négoce et de transport. Mais James, qui va rapidement comprendre qu’il a de nombreux ennemis, va devoir naviguer bien des eaux troubles pour rester en vie et parvenir à ses fins.

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La photographie de cette série pourrait s’apparenter à la lumière, aux couleurs des tableaux de Turner. Quant à son Londres, à n’en pas douter c’est celui de Charles Dickens. Sale, miséreux, sombre. Semant à tout va des prostituées, des orphelins ; et des voleurs en tout genre. Tandis que les nantis que ce soit l’église, la bourgeoisie ou la Compagnie des Indes eux prospèrent.

Il y a aussi un peu des sœurs Brontë qui transparaissent ici et là dans le récit. Ne serait-ce que les landes. Ne serait-ce que les Hauts de Hurlevent. James en Heathcliff et Zilpha, Cathy. Troublante coïncidence ou pas puisque Tom Hardy avait interprété le terrible face à celle qui allait devenir sa femme dans la vraie vie, Charlotte Ripley. Les hautes plaines, les éléments qui se déchainent. Et encore, un amour impossible. Tragique époque pour les femmes si voulez mon avis.

Taboo, influencé par l’héritage artistique anglais ? Rajouter-y, un soupçon d’Amérique pour l’exotisme. Et, le tour sera joué. Une histoire à la Pocahontas. Qui pose la question de son identité, de ses racines. De la frontière entre ce qui est bon, ce qui est mal. De ce qui l’est ou non d’un continent à l’autre. D’une culture à l’autre. Du poids de nos actes, de nos choix. De combien ces derniers nous définissent et nous poursuivent. Le tout serti par un casting quatre étoiles.

Porté notamment un énigmatique voir mystique Tom Hardy. Dont les grognements sont devenus sa marque de fabrique. Ou le prolongement à l’écran de son jeu, de ses nombreux talents. Un personnage en quête de vengeance et d’un je-ne-sais-quoi. Troublant comme protagoniste. Envoutant aussi. Tantôt doux quand il s’agit de Winter tantôt sans pitié pour ceux qui dérangent ses plans. Un homme hanté par son passé; par des fantômes assoiffés. Imaginaires ou réels. C’est pas le plus accessible ni le plus compréhensible ni le plus gentil. Pourtant, il attire. Il séduit autant qu’il est craint. Qui est-il ? Un usurpateur ou un habile commerçant ?

La caméra l’aime en tout cas. Le fruit d’une collaboration et d’une amitié de longue date entre l’acteur et le réalisateur. Et puis, Papa Hardy a aussi écrit sur la série. Le risque étant que le reste de la distribution en pâtisse. C’est vrai et pas en même temps. Le valet qui n’est pas sans rappeler un certain Alfred arrive à se démarquer. A incarner face à son maitre, la voix de la raison. Parfois, en oscillant entre le yin et le yang.

La belle mère quant à elle se révèle attachante moins calculatrice que dans les premiers temps. Winter elle apporte une dimension plus humaine dans un environnement qui ne l’est plus. Ou pas. Le chimiste – l’éternel Mr Collins d’ Orgueils et préjugés –  apporte un vent de fraicheur. Ah et j’allais oublier Edward Hogg touchant comme c’est pas possible. S’il y avait un jour un film sur Bonaparte, ce serait lui.

Ceci étant, tous les personnages puisent leurs intérêts, leurs faiblesses comme leurs forces en écho face à James. D’une certain façon, c’est toujours lui qui tire les ficelles. De vulgaires marionnettes ? Ou alors est-ce qu’il les révèle en les soustrayant à un destin tout tracé ? A méditer.

18 SUR 20

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