BILAN LIVRESQUE #4

* Les Spellman se déchaînent de Lisa Lutz.

Le grand retour des Spellman, détectives privés de père (et mère) en fille(s). Chez eux, savoir écouter aux portes est un talent inné, crocheter les serrures, une seconde nature, exercer un chantage, une façon très personnelle de mener des négociations. Le tout au nom de l’amour inconditionnel. Après le succès de Spellman et Associés, les nouvelles aventures, toujours aussi déjantées et hilarantes, d’Izzy et de la famille la plus cinglée de San Francisco.

J’avais envie de rire et de lire quelque chose de léger de rafraichissant. Je ne sais pas si l’ère du temps qui fait ça mais j’ai de plus en plus de mal avec la violence. J’en ai ma dose des journaux télé et papier. Du coup, j’ai envie de me poser avec une livre qui me dépayserait m’emmenant loin de la morosité ambiante.

C’est exactement ce que à offrir les Spellman. Famille de malade pas du genre Vol au dessus d’un nid de coucou mais quand même cinglée. Mais, ô combien attachante et comique. Alors, attachez vos ceintures et préparez vos zygomatiques au décollage. Parce que oui, dés le début ça y va! Ready?

C’est bien d’emprunter des livres à la médiathèque notamment pour l’environnement et la carte bancaire. Je dis pas le contraire hein mais quand on a une saga telle que celle-ci ça serait génial d’avoir tous les tomes. Ce qui était sans doute le cas avant qu’un lecteur qui les a tellement aimé les a capturé. Je comprends tout à fait mais faut penser aux autres aussi !

De : Olivia Spellman
Date : 10 mars
Pour : Isabel Spellman, Rae Spellman
Sujet : un bonjour de l’enfer
Après m’être nourrie de crackers pendant 2 jours, je suis finalement sortie de notre cabine, qui doit avoir la taille de notre Audi. L’avantage c’est qu’au moins personne ne s’y balade en string

De sorte que j’ai du me rabattre sur le tome restant. Le trois ou le quatre. Bon, c’est pas vraiment dérangeant dans la compréhension générale de l’histoire et l’évolution des personnages. Toujours fidèles à eux-mêmes j’imagine qu’importe le temps qui passe. Même si des changements sont à prévoir pour certains en dirait bien. Je vous laisse découvrir ça par vous-mêmes!

C’est que j’ai pas envie de vous gâcher la surprise. Attention cependant, les essayer c’est les adopter. D’autant qu’il se murmure qu’une adaptation sur grand écran pourrait voir le jour. Si j’avais un dernier conseil à vous donner, c’est de vous procurer tous les tomes avant de commencer. Histoire de ne pas rester sur sa faim!

Lire un extrait: Le premier chapitre

20 SUR 20

* Réponds si tu m’entends de Marian Keyes.

Le  » Meilleur Boulot du Monde  » à New York pour une marque de cosmétiques ultra-branchées, une garde robe de rêve, une meilleure amie très fashion, une famille irlandaise gentiment foldingue et Aidan, un parfait petit mari, à la fois adorable et sexy : de l’avis de tous, Anna Wash est une sacrée veinarde. Jusqu’à ce terrible accident qui la ramène tout droit à Dublin, sur le canapé de se parents, entre plâtre, cicatrices, médicaments, séries télé et zizanie familiale. Mais Anna est bien décidée à retrouver sa trépidante vie-new-yorkaise et son homme au plus vite. Aidant qui, depuis l’accident, n’a plus donné signe de vie… Anna est prête à tout pour le retrouver, quitte à mettre la Grosse Pomme sens dessus dessous !

Une couverture peu flatteuse ( c’est pour ça que je vous mets la version américaine) qui en dit long et trop sur l’histoire alors que l’auteure elle tente par tous les moyens de jouer sur l’ambiguïté de la situation. Ce qui ne m’a pas empêché d’être conquise ni d’espérer qu’il y  ait une chance pour que …

Nota bene à tendance philosophique : quand un arbre tombe dans la forêt et que personne n’est là pour l’entendre, est-ce que sa chute émet quand même un son ? Et quand on met un chapeau ridicule mais que personne n’est là pour le voir, est-ce qu’il demeure ridicule?

C’est tendre, drôle et touchant. Ça parle d’amour, de famille et de la vie. De ce qu’elle donne puis reprend. Des rendez-vous manqués aussi; des deuxièmes chances. De nouveaux départs également. C’est dur parfois d’autant qu’on nous fait miroiter un possible retour. La romancière joue toujours sur le doute. Ou bien c’est le lecteur qui veut avoir son happy end coûte que coûte.

Sauf que pour ça, il faudrait vivre au pays des Bisounours. Ou mieux encore peut-être ne jamais tomber amoureux.

17 SUR 20

* Fin de ronde de Stephen King.

Dans la chambre 217 du Service des Traumatismes Crâniens de la région des Grands Lacs, quelque chose vient de se réveiller. Quelque chose de Maléfique

Clap de fin pour les aventures de Mr Mercedes. Pas mon tome préféré de la trilogie et de loin. Pas le meilleur non plus de l’auteur.

Pourtant, y avait de l’idée de l’ambition. Ne serait-ce que dans la couverture très réussie presque hypnotique déjà malgré un prix exorbitant. Vingt-cinq euros, ça fait toujours mal au porte monnaie. Même pour un livre même pour du Stephen King. Je ne sais pas si c’est moi mais je trouve les livres de plus en plus chers.

Peut-être que Hartsfield n’est pas une guêpe humaine, après tout. Peut-être que c’est une araignée et que la Chambre 217 du Bocal est le centre de sa toile, qu’il continue de tisser.

Bref, avec le recul et les trois tomes lus, je me dis que l’aventure Mr Mercedes aurait été parfaite si elle s’était tenue au premier uniquement. Une scène d’ouverture remarquable par un tueur implacable. Et, le reste de la distribution pour ne rien gâcher. Le hic c’est qu’avec le temps ça se gâte. Ça perd en légitimité.

En attribuant une aura fantastique à une saga qui au départ se voulait être un digne hommage aux romans noirs.  Ce qui tend à l’être de moins en moins vrai au fil des pages. Il y a aussi un côté trop rocambolesque parfois aussi teinté d’un certain sentimentalisme pas toujours de propos ni le bienvenu. Ce qui fait que la sauce prend de moins en moins. Qu’on y croit plus.

Certes, ce n’est pas désagréable à lire mais pas mémorable non plus. Il est temps de conclure et de passer à autre chose parce qu’il est clair qu’on tourne en rond depuis un moment déjà. On s’ennuie et certainement, Stephen King aussi.

Lire un extrait: ici

12 SUR 20

* L’année du oui de Shonda Rimes.

Mère de trois enfants et de trois séries majeures, mais dotée d’un tempérament introverti, Shonda Rhimes est bombardée d’invitations et de sollicitations, et les refuser a longtemps été sa plus grande spécialité. Quand on dit non, on n’a rien de nouveau à craindre. Jusqu’à ce que sa sœur lui dise les mots fatals : « Tu ne dis jamais oui. » Une prise de conscience, et un challenge : Shonda Rhimes décida alors, pendant une année, à dire Oui. Affrontant ses peurs et sortant bravement de sa zone de confort, que ce soit pour parler en public, assumer son statut de mère qui travaille, ou oser aller vers les autres, elle passe par un véritable chemin de transformation qui lui permet de faire la paix avec elle-même et de se reconnecter avec les parties les plus créatives et épanouies de se personnalité. Parce qu’il ne faut pas avoir peur du bonheur !

Livre qui a croisé ma route lors de mon périple dans l’Ouest des États-Unis. Pour celui-là, j’ai voulu attendre la traduction française. Et, peut-être un autre signe. Qui est arrivé un jour où j’étais très très en colère. Si si, ça m’arrive à moi aussi. Les couleurs flashy de la couverture m’ont alors attiré beaucoup moins le prix. Malgré mon humeur massacrante et ma pingrerie, j’avais toujours à l’esprit que rien n’arrive au hasard dans la vie.

Ainsi, l’année du oui et moi, on a très bien commencé avec une citation qui semblait faite pur moi. Qui m’était destinée je le pensais. Mais aussi vite, une autre évidence s’est imposée à moi. Ce n’était pas ce que j’espérais trouver ni ce dont j’avais besoin. Pas indispensable du tout ce livre autant dans le fond que dans la forme. Eh oui, les mirages aussi ça existe au pays du livre.

A cause des allitérations visuelles  » ouiouiouiouiouioui » sans intérêt. Comme d’autres répétitions qui à la fin s’accumulent considérablement comme son placard à conserves. C’est aussi très prétentieux par moment. C’est  » Moi, je  » à tout bout de champ.  Pas une showrunner comme une autre mais presque comme quelqu’un qui aurait reçu le Prix Nobel de médecine.  Ça manque considérablement d’humilité et de recul. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de quoi être fier de son parcours qu’elle s’est construit avec acharnement semble-t-il. Bien sûr qu’il faut s’auto aimer, ne pas avoir peur de se faire de fleurs de temps à autre. Mais, je sais pas j’ai trouvé ça excessif sur 288 pages.

Les rêves, c’est merveilleux. Mais ce ne sont que des rêves. Ils sont fugaces, éphémères. Séduisants. Mais il ne suffit pas d’avoir des rêves pour qu’ils se réalisent. C’est le travail qui fait que les choses se passent. C’est le travail qui provoque le changement.

Il y a aussi un autre point qui m’a dérangé c’est quand elle sous-entend ( ou alors j’ai mal compris et je m’excuse dans ce cas) qu’elle gagne bien sa vie plein de prix alors pourquoi avoir besoin d’un homme. Des prix, ça reste un prix. L’amour de quelqu’un, sa présence qu’importe d’ailleurs si c’est son petit ami ou un ami, ça ne se compare pas.  Rien ne vaut ça. On peut être passionné, animé et vibré pour son boulot mais rien ne remplace l’amour de quelqu’un. Pas pour moi en tout cas.

Et puis, il y a aussi sans cesse les allusions à ses séries. Grey’s Anatomy et Scandal chefs en tête ainsi que leurs protagonistes. Ou comment elle a accepté de venir sur le plateau de Jimmy Fallon ou Jimmy Kimmel. Et comment surtout, ça en a profité tous les deux. J’ai trouvé ça particulièrement arrogant. Ou bien je suis trop française pour comprendre ce genre de comportement typiquement américain. C’est possible aussi.

Le pire reste quand même quand elle parle de sa vie d’étudiante et qu’elle a du choisir entre un rouleau de papier toilette et une bouteille de vin. J’aurai aimé pouvoir lui dire d’aller à la baie de Santa Monica ou dans les rues de San Francisco pour regarder autour d’elle. C’est là-bas que de vrais drames s’y jouent là juste sous nos yeux de touristes et d’occidentaux bien nantis.

En revanche, là où son livre gagne un peu en légitimité c’est lorsque qu’elle parle de son problème de poids. Un témoignage intéressant qui trouvera écho en chacun de nous. L’épisode de la ceinture particulièrement. Là où je la rejoins également c’est lorsque sa voix devient féministe. Lorsque par exemple, elle affirme que les femmes ressentent toujours le besoin de d’excuser. Parce qu’on leur a pas appris à être fières d’elles, à savourer leurs victoires.

L’année du oui reste dans l’ensemble très maladroit et ne me laissera pas un souvenir impérissable. L’impression aussi de tout ça pour ça. D’autant que je croyais que c’était son année du oui qui lui avait permis de devenir showrunner alors que c’est arrivé bien après. La confusion vient de moi cela étant ou de l’argument marketing de la maison d’édition va savoir. C’est ni une autobiographie ni un livre d’apprentissage ni un guide. Et à l’heure qu’il est, je sais toujours pas ce que c’est.

7 SUR 20

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