SPOTLIGHT OU LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ A TOUT PRIX!

De: Tom McCarthy.

Avec: Michael Keaton ( Birdman, Beetlejuice), Liev Schreiber ( Ray Donovan, Un crime dans la tête), Mark Ruffalo ( Daddy Cool, New-York Melody), Rachel McAdams ( Welcome Back, About time), Brian d’Arcy Jans ( Friends with kids, The Fitzgerald family Christmas).

Synopsis Allociné: Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe – couronnée par le prix Pulitzer – qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Une équipe de journalistes d’investigation, baptisée Spotlight, a enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête révèlera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier. 

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Un film qui m’avait intéressé dés le moment de sa sortie dans nos salles. Spotlight, un film réunissant un casting de malade avec en toile de fond un sujet brûlant, ambitieux et au cœur de l’actualité. Tirée d’une histoire vraie; d’un livre publié et co-écrit par l’équipe Spotlight elle-même.

Une œuvre aussi qui fait un peu « tâche » de par le scandale qu’elle évoque mais presque une rareté aussi dans son souci de creuser, de privilégier le fond plutôt que la forme. Exit donc les effets spéciaux à gogo, la photographie exceptionnelle; le superficiel s’efface au profit du propos. Et, c’est très bien comme ça.

Il n’empêche que le casting aurait mérité un oscar d’ensemble. Avec, Michael Keaton, Mark Ruffalo et Billy Crudup en tête. En plus, de celui du meilleur scénario et du meilleur film. Franchement, ça n’aurait pas été volé tant le film exprime une certaine choralité par le biais de ses personnages.

Au delà de l’hypocrisie évidente de l’église, il y a aussi le silence, l’omerta de toute une communauté. C’est dit d’ailleurs à un moment du film sous-entendant ainsi que les hommes de Dieu ne sont pas les seuls en cause. Que beaucoup ont préféré fermer les yeux ou comme le disait si bien Stephen King dans un de ses bouquins  » Tout le monde a préféré lâcher l’équipe! ». Pourquoi? Parce que c’est sans doute plus facile de garder ses œillères que de remettre en cause la ville dans laquelle on vit et ceux qui nous servent. L’amour rend aussi aveugle et il semblerait que la foi tout autant.

Le poids de l’éducation également notamment religieuse. Dans les années qui ont précédées les premiers viols et celles qui ont suivies, bon nombre de famille suivait assidument les préceptes de Dieu. Ce dernier était leur famille, un moyen de tenir la tête hors de l’eau. On faisait alors confiance aveuglément en ceux qui le servait. Parce que la plupart du temps, ils avaient grandi parmi et avec eux; parce que aussi ils étaient intouchables et  » grands ».

De plus, il y avait le sentiment de culpabilité. Comme si c’était ta faute si ça arrivait parce que tu avais été un méchant garçon ou une méchante fille et que voilà c’était ta punition. Le poids du secret, de la culpabilité encore et toujours. Exactement comme si s’était avec un proche que ça s’était passé ou un membre de la famille.

Ici, l’ami intime c’est l’Église. Doit-on pour autant la salir alors qu’elle œuvre tant pour ses ouailles? Oui et encore oui. Même si la vérité a un prix, elle doit toujours prévaloir sur le reste. L’équipe de Spotlight l’a bien comprise même si leur enquête met à mal le géant, le tout puissant. Mais pas que!

On a tendance à oublier que derrière ces journalistes, il y a des femmes et des hommes comme vous et moi. Avec leurs propres croyances, leurs propres doutes et histoires. Des pères, des mères; des croyants aussi. Que leurs investigations, leur quête de vérité met en péril leurs propres croyances. Certaines fois probablement, des amitiés de longue date. Parce qu’il n’est pas bon de remuer le couteau dans la plaie, dans le passé parait-il.

Spotlight n’est pas seulement une enquête prenante mais le reflet d’une société, d’une communauté qui a délibérément tait, caché et soutenu des  prêtes pédophiles au mépris de nombreux enfants. Et, le pire c’est que ça continue parce qu’il est toujours plus aisé de fermer les yeux que de dénoncer. D’arrêter de se battre que de chercher la vérité.

19,5/20

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