BROOKLYN

De:  John Crowley.

Avec : Saoirse Ronan ( Lovely Bones, Hanna), Emory Cohen ( The Place beyond the pines, Stealing Cars), Domhnall Gleeson ( Ex-Machina, The revenant), Julie Walters ( Harry Potter, Mamma Mia).

Synopsis Allociné: Dans les années 50, attirée par la promesse d’un avenir meilleur, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale et sa famille pour tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. À New York, sa rencontre avec un jeune homme lui fait vite oublier le mal du pays… Mais lorsque son passé vient troubler son nouveau bonheur, Eilis se retrouve écartelée entre deux pays… et entre deux hommes.

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Il arrive certaines années que le cinéma me désespère. De par son manque d’ambition, de prise de position et de risque; par sa tendance aussi à se contenter de peu et son côté voyeur. Et que sais-je encore par son incapacité manifeste à se renouveler. Et puis, y a des années où c’est tout le contraire; des moments où le spectateur se prend des raclées. Nul besoin pour ça de 4D, d’Imax et d’écran vert. Juste de l’excellent cinéma, du classique comme on les aime.

Brooklyn en fait évidemment partie. Les nombreuses nominations n’étaient pas volées là non plus bien que la concurrence fut rude cette année-là. J’espère juste que Saoirse Ronan repartira un jour avec la précieuse statuette car depuis ses débuts, l’actrice a tout d’une grande. La meilleure de sa génération tout simplement.

Elle a su choisir ses films avec soin quitte à ne pas toujours être sur le devant de la scène. Mais quand bien même, on ne peut oublier cette fille de septembre à la maturité et la sensibilité hors du commun. A cette beauté nature, non outrageuse bien au contraire. Deux yeux bleus d’Irlandaise qu’on est pas prêt d’oublier. Non, vraiment pas.

Si pour elle c’est une confirmation; d’autres se révèlent comme Emory Cohen. En l’espace de quelques scènes à peine, il a réussi à se faire remarquer et aimer du public. Sans doute à cause de son sourire enjôleur qui a gardé quelque chose de l’enfance; de par aussi, la modestie de son jeu probablement aussi. J’ai trouvé qu’il se dégageait de lui quelque chose d’inné également.

Être en retrait, être celui qui attend patiemment et amoureusement le retour de sa belle. Sans niaiserie aucune ni excès seulement dans le respect, le désir de passer le reste de sa vie avec l’autre. Simple et touchant sans aucun doute. C’est d’ailleurs ce qui m’a fait tant aimé ce film. Une histoire d’amour et de raison; d’abandon de sa terre natale sans fioriture aucune. Sans jamais tirer sur la corde sensible, l’œuvre pourtant vibre au rythme des saisons, des rencontres et des émotions.

L’amour n’a jamais paru aussi sincère au sein de Brooklyn. Terre d’accueil de Ellis et de Tony puis ville d’adoption. Et sans cesse, cette question de l’identité qui revient; celle de nos racines. De la puissance des liens, de la famille; de son poids et de ses devoirs. Et de ce qu’ils nous inspirent; des choix qui nous y obligent.

C’est un choix que devra faire Ellis; partagée entre cœur et raison. De cette Irlande qui a fait battre son cœur, qui l’a vu grandir et galérer mais sourire aussi. Ce « chez-soi » qui connait tout d’elle ou qui le croit parfois. Peut-être que c’est ça grandir. Admettre qu’on ne se limite pas à là d’où on vient; qu’on n’en est pas le prisonnier toute sa vie. Que si on le veut assez, partout peut devenir un home sweet home si on est bien accompagné. C’est sans doute ce que voulait dire Cecilia Ahern dans Love Rosie, que être chez soi n’est pas un lieu mais un sentiment.

 19,5 sur 20

Brooklyn est avant tout un roman de l’auteur irlandais, Colm Toibin. L’oeuvre a reçu le prix Costa du meilleur livre britannique. Et, je compte bien le lire!

 

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